Un enjeu territorial

Nous avons souhaité mettre en évidence l'impact social, culturel et économique du programme d'activités que nous proposons de déployer aux côtés de l'équipe municipale au sein du bâtiment BRIERE dans la continuité de sa restauration

Introduction

Contexte général

L'Hôtel BRIÈRE, édifié au XVIIᵉ siècle, constitue un élément majeur du patrimoine architectural et historique de Magny-en-Vexin. Aujourd'hui inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, il symbolise un pan essentiel de la mémoire locale et du rayonnement culturel du Vexin.

L'hôtel de Brière occupe également une parcelle centrale dans le bâti dense assurant l'articulation entre le centre-ville et le boulevard. Il joue un rôle structurant dans l'organisation de l'espace urbain de Magny-en-Vexin.

Face à l'urgence de sa préservation, l'association « Magny-en-Vexin : Une Histoire qui se Cultive » a lancé un projet global de restauration et de valorisation du site, en partenariat avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) , le Département du Val-d'Oise , la Région Île-de-France , ainsi que d'autres acteurs institutionnels et associatifs du territoire.

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Objectifs du projet

Le projet de restauration et de valorisation urbaine de l'Hôtel BRIÈRE vise à redonner vie à un bâtiment historique du patrimoine de Magny-en-Vexin. Construit au XVIIe siècle, cet ancien hôtel particulier témoigne d'un passé riche et d'une vocation publique et culturelle à réinventer dans un espace urbain, lui-même revitalisé.

Ce dossier présente la vision portée par l'association « Magny-en-Vexin : Une Histoire qui se Cultive » : transformer ce lieu en un pôle social, culturel et économique, moteur du développement territorial, lieu de restructuration de l'espace urbain et catalyseur d'initiatives locales.

L'ambition du projet repos sur trois piliers :
- Sauvegarder et restaurer un patrimoine historique majeur du centre-ville ;
- Créer une Maison Commune, ouverte sur la ville, favorisant le lien social et l'innovation citoyenne,

tiers-lieu de référence dans le Vexin;
- Contribuer activement au développement local durable sur les plans culturel, social, urbain et

économique.

Ce document, élaboré à destination de la DRAC et des collectivités locales, appelle un accompagnement et un soutien pour concrétiser un projet fédérateur, exemplaire et porteur de sens pour le territoire.

Résumé exécutif

Restauration et réhabilitation de l'Hôtel Brière

Un patrimoine à réinventer

L'Hôtel BRIÈRE, édifié au XVIIᵉ siècle et inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1990, constitue un joyau du patrimoine de Magny-en-Vexin. Abandonné depuis près d'un siècle, il symbolise aujourd'hui le potentiel d'un patrimoine rural en attente de sens et de renouveau. Le bâtiment s'inscrit dans une grande parcelle qui articule le centre-ville avec les espaces plus périphériques

Une ambition collective

L'association « Magny-en-Vexin : Une Histoire qui se Cultive » porte le projet de restaurer et reconvertir l'Hôtel BRIÈRE en un espace de vie partagé : l'Espace BRIÈRE – Maison Commune. Ce tiers-lieu, à la croisée des dimensions culturelle, sociale et économique, a vocation à devenir un moteur de revitalisation urbaine locale.

Un projet en phase avec les priorités publiques

Le projet répond pleinement aux orientations nationales et régionales visant à :
- soutenir les initiatives citoyennes en milieu rural,
- favoriser la coopération entre acteurs publics et associatifs, en mettant l'usager au Coeur des

priorités
- promouvoir la transition écologique et la culture de proximité.


Sous l'impulsion de la DRAC, de la Région, du Département, de la commune, de la CCVS et du PNR, ce projet s'inscrit dans une dynamique exemplaire de co-construction territoriale. Il répond aussi pleinement au programme de revitalisation urbaine des « Petites villes de demain » dont la Ville de Magny est un des lauréats.

Des retombées concrètes

L'Espace BRIÈRE offrira :
- un tiers-lieu culturel et artisanal, accueillant ateliers, formations, fablab et événements citoyens ;
- un pôle d'accompagnement à la création d'entreprises et à la reconversion professionnelle ;
- un espace de coopération inter-associative et intergénérationnelle, créateur de lien social et

de nouvelles activités locales.
Au-delà de sa dimension patrimoniale, le projet ambitionne de stimuler l'emploi, la solidarité et la vie culturelle du territoire du Vexin.

L'espace immédiatement attenant à l'arrière du bâtiment, aujourd'hui évoluant à une simple fonction de stationnement, pourrait aussi faire l'objet d'une valorisation paysagère et d'un verdissement pour le plus grand profit d'un centre-ville particulièrement minéral.

Une démarche responsable et viable

Déjà soutenue par la DRAC, le Département et la Fondation du Patrimoine, la première phase de consolidation et de protection du bâtiment est engagée. Le modèle économique du programme d'activité projeté repose sur la diversification des ressources (activités marchandes et d'intérêt général), garantissant une autonomie progressive du lieu. Les données financières figurent en annexe du plaidoyer

S'inscrire dans une économie Sociale et Culturelle

Conjuguer préservation du patrimoine et dynamisme local

Un peu d'histoire

Construit au XVIIe siècle par la famille Moufle, l'Hôtel BRIÈRE a vu se succéder des figures marquantes, notamment des receveurs d'impôts aux XVIIIe et XIXe siècles. Témoins de l'histoire locale,

ces personnages ont également contribué au soutien des habitants de Magny-en-Vexin lors des périodes difficiles, telles que les famines et le grand hiver du XVIIIe siècle.

Aujourd'hui oublié, le bâtiment attend une nouvelle vocation à la hauteur de son passé.

Qualité architecturale du bâti

  Conçu comme un hôtel urbain représentant d'une architecture classique sobre, l'hôtel BRIERE est l'illustration-type de cette catégorie d'architecture, sans équivalent dans le centre-ville de Magny, entre cour et jardin, entre le centre-ville et les boulevards.

Un enjeu territorial

Inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1990, l'Hôtel BRIÈRE demeure au cœur du centre-ville. Sa restauration représente un levier majeur de revitalisation du territoire urbain, mobilisant les acteurs publics et privés autour d'un objectif commun : conjuguer préservation du patrimoine et dynamisme local.

La DRAC, dans sa démarche de réflexion sur les initiatives culturelles en milieu rural, trouve ici un exemple concret de projet participatif et structurant.

La Direction Régionale des Affaires Culturelles a en effet récemment engagé une réflexion sur la manière dont les politiques publiques peuvent soutenir les initiatives de la société civile en milieu rural.

Le projet BRIÈRE s'inscrit pleinement dans cette démarche en proposant une réhabilitation à la fois patrimoniale et porteuse de développement local durable.

Une Maison Commune créatrice de lien social

Le projet de « Maison Commune » porté par l'association vise à créer un espace fédérateur où habitants, associations et institutions pourront co-construire des initiatives à vocation sociale, culturelle et écologique.
Cet espace incarnera la coopération, la transmission et la participation citoyenne — valeurs essentielles au développement équilibré du territoire.

Un élément-clé de la revitalisation du centre-ville

  Assurant le lien entre les zones périphériques, notamment le vaste parking de l'Europe et la salle des fêtes communales, la parcelle de l'hôtel occupe un lieu de passage puissant avec le centre-ville. La mutation de sa fonction comme lieu d'animation et d'accueil associé à des espaces paysagers apporte à la fois un agrément et une animation puissante dans un espace de transit aujourd'hui sans qualité. L'aménagement d'une ouverture vers la place d'arme lui assurerait par ailleurs une fonction inégalée de centralité dans la bâtie ancienne, favorisant la circulation et l'agrément dans le centre ancien dans la mesure où il est accompagné par une politique urbaine exigeante.

Une centralité urbaine à construire

  L'Hôtel de Brière et la parcelle attenante sont susceptibles de devenir la porte d'entrée piétonne du centre-ville. Il occupe déjà largement cette fonction, mais dans un espace non organisé, peu accueillant, aujourd'hui dévolu à la voiture. Le potentiel d'aménagement architectural d'un hôtel réhabilités les usagers des commerces du centre-ville et d'agrément pour ses résidents en fait un espace très attrayant pour peu qu'il soit pensé dans ces diverses fonctions. La disposition d'un bâtiment porche illustre parfaitement cette fonction.

Une dynamique économique et culturelle

Le futur Espace BRIÈRE accueillera des activités variées : ateliers de métiers d'art, formations, fablab, rencontres professionnelles, et événements culturels. Ces actions génèrent à la fois des ressources économiques et un impact social positif durable.

Un projet à co-construire avec la commune

La réussite du projet repose sur une gouvernance partagée . L'association et la municipalité doivent, pour cela, s'engager dans les phases de conception, de recherche de financements et de mise en œuvre progressive des activités.
Ce partenariat garantira la cohérence des actions menées et leur inscription dans une stratégie territoriale à long terme.

Répondre aux problématiques environnementales

  Ce projet nous donne l'occasion de mettre en œuvre des solutions techniques ayant pour objectifs de limiter les impacts environnementaux dus à sa réhabilitation et au potentiel verdissement de son environnement immédiat, qui s'inscrit dans l'atténuation des îlots de chaleur urbain, et d'espace de détente et d'agrément pour les résidents du centre-ville qui souffrent d'un cruel déficit d'espaces verts.

C'est l'opportunité de nous engager dans un cercle vertueux et de répondre aux problématiques environnementales à l'échelle du projet, la pollution de l'air et de l'eau, le bouleversement climatique, l'épuisement des ressources en énergie, en eau et en matériaux.

Dans ce contexte il est nécessaire de rechercher des solutions spécifiques aux contextes géographiques et physiques du projet, utilisant des technologies passives, des solutions frugales, économes en matériaux et en énergie.

Ce type d'alternatives nous conduirait à réaliser un projet exemplaire, empreint de valeurs environnementales.

Une démarche pédagogique et sociale pendant les travaux

  Les deux étapes de travaux (consolidation et protection du bâtiment suivi de sa restauration) feront l'objet de publications d'opérations de travaux (Code des marchés publics).

L'étape destinée à restaurer l'Hôtel BRIERE sera ouverte à toutes les possibilités de stages encadrant des professionnels en quête d'excellence, mais aussi des stagiaires en situation de réinsertion sociale ou professionnelle en quête de qualification aux métiers des grands bâtisseurs.

Adhérant activement au Groupement REMPART Ile de France, notre association « Magny en Vexin : Une Histoire qui se Cultive » favorise toute action pouvant conduire à de telles vocations professionnelles.

Une convention pourra être établie entre l'entreprise en charge des travaux et les organismes de formations professionnelles adéquates, permettant d'intervenir tant en atelier que sur le chantier.

De nouvelles vies pour l'Hôtel BRIERE, un programme social, économique et culturel

Nos contributions à diverses activités culturelles, économiques et sociales, nous conduisent à confirmer que le « faire ensemble » a toujours été l'élément moteur pour une commune ou un territoire, mais il reste vain s'il n'est pas structuré et animé.

En devenant une plateforme fédérant les tiers-lieux du territoire (Vexin Français), l'Espace BRIERE offre une réelle opportunité de faire de cet espace un véritable tremplin d'innovation sociale et d'ouverture à l'Economie Sociale et Solidaire au cœur de l'espace dense de Magny et en étroite symbiose avec la vie de la cité. Un lieu d'ouverture sur les autres et pour les autres, doté d'interactions sociales et professionnelles, capable économiquement de se prendre en charge et tendre vers une autonomie financière (développement de services générateurs de ressources, subvention d'exploitation, Service civique, etc. ).

Un Tiers-Lieu pour :

  • encourager et favoriser les initiatives et actions collectives ;
  • encourager et favoriser l'idée d'entreprendre ;
  • susciter des vocations aux métiers des grands bâtisseurs ;
  • être une plateforme de communication et d'information sur la formation aux métiers des grands bâtisseurs. Plateforme d'orientation vers des structures de formation adaptées ;
  • favoriser l'insertion sociale, accompagner la réinsertion professionnelle . Bilan d'aptitudes et de compétences …………
  • faciliter l'orientation des jeunes lycéens ;
  • offrir des solutions alternatives, économiquement accessibles, pour la réalisation de travaux de restauration, de réparation et de création (ateliers collectifs de type FabLab) ;
  • transmettre, entretenir, développer et sensibiliser à la culture artistique (évènements, concerts, expositions et conférence) ;
  • sensibiliser le public à son environnement et au réchauffement climatique ;
  • être ressource pour la conception de chantiers écoles et de bénévoles.

Un modèle économique hybride

Adopter une chaîne de valeurs multidimensionnelle et multisectorielle, redistribuante, consommant et produisant du service.

Trois catégories d'activités sont envisagées selon un business model dont le modèle économique se présente sur plusieurs axes:

 Des activités de service propres à la mise à disposition du lieu et ne nécessitant pas de prestataire externe soit :

  • Location d’espace éphémère permettant de proposer des stages pratiques de métiers d’art en vue d’initier un public déjà sensibilisé par ces métiers (vitrailliste, ébénistes, tapissier, tailleur de pierre, restaurateur de tableau ;
  • Abonnement à un fablab numérique ;
  • Location à la carte de salle pour conférence, évènements professionnels (réunion, AG, rencontre    interprofessionnelles).

Des activités de service proposées avec le concours de prestataires externes

  • Accompagnement de créateurs d’entreprise
  • Accompagnement VAE.
  • Formations théoriques
  • Cession et reprise d'entreprise
  • Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI)/ sur le Vexin
  • Innovation sociale
  • Transition écologique (lien avec la mise en valeur des espaces extérieurs – jardins, espaces verts)
  • Insertion professionnelle
  • Culture
  • Handicap

Une urgence qui n'attend pas

Un premier rapport sur les tiers-lieux remis au gouvernement par l'Association Nationale des tiers-lieux dénombre aujourd'hui plus de 3500 tiers-lieu en France, ils étaient 1800 en 2018 et ne cessent de croire chaque année compte tenu de l'urgence des réponses à apporter aux enjeux de notre société : transition écologique, réemploi, circuits-courts, relocalisation de la production, transition numérique, accès à une alimentation locale, démocratisation des pratiques culturelles… ( Observatoire des Tiers-Lieux – décembre 2023, à l'initiative de France Tiers-Lieux).

A noter que selon 75% des élus locaux, les tiers-lieux luttent contre l'isolement et renforcent le lien social (Baromètre Élus locaux et Tiers-lieux 2024)

L'urgence face à l'enjeu territorial nous a conduit à ne pas attendre la fin des travaux de restauration du bâtiment BRIERE pour structurer un dispositif conduisant à mutualiser les collectifs de tiers-lieux déjà existants.

Nous sommes déjà entrés dans la phase de faisabilité du projet, en expérimentant son processus de fonctionnement au sein du PTCE Vexin en Liberté ( P ôle Territorial de Coopération Économique ) que nous avons contribué à réaliser. Six collectifs de tiers-lieu sont déjà entrés dans le dispositif et travaillent sur plusieurs thèmes tels que la problématique de l'eau et le bien vieillir dans le Vexin.

Ce PTCE a mis en lumière un véritable contrat social s'articulant entre ses bénéficiaires potentiels, et un collectif de gouvernance ouvert sur le territoire, prenant sa place dans l'écosystème économique, culturel et social (en cohésion avec les structures déjà existantes : collectivités, associations, structures territoriales, entreprises, etc.).

Planification des travaux par itérations successives

Une fois le clos couvert mis hors d'eau, nous suggérons de planifier les tâches restant à réaliser en les hiérarchisant en fonction de l'émergence de notre programme d'activités. Ainsi, certains espaces pourront être mis à disposition sans attendre la réception définitive des travaux.

Analyse économique et financière

Quelques données

L’observatoire de France Tiers-lieux nous permet de prendre conscience de l’impact des tiers-lieux sur le territoire.

Près de 83% des tiers-lieux fonctionnant aujourd’hui en France ont des partenariats avec les acteurs publics dont en premiers partenaires les communes, les intercommunalités, les départements puis les régions.

Ils ont généré 882 millions de Chiffres d’Affaires en 2023,soit un CA moyen de 252.000 euros par tiers-lieu, équivalent à une start-up, qui est de 277.000 €.

337.159 personnes ont pu bénéficier d’une formation dans un tiers-lieux et 24.727 emplois directs ont été créés, occupés à 70% par des femmes (un chiffre multiplié par 4 entre 2021 et 2023) .

Ces chiffres n’ont cessé de croître durant les deux dernières années.

Aujourd’hui on observe que 55% des budgets d’exploitation de ces collectifs sont couverts par leur chiffre d’affaires (environ 45% sont couverts par diverses aides financières dont des subventions d’exploitation).

Analyse économique

La pluralité des activités que nous envisageons d’exercer, au sein de ce pôle interactif, permettra de diversifier les ressources entre activités lucratives et activités d’intérêt général . Cette combinaison des activités permettra de réduire le recours aux subventions dans la durée et à tendre vers une autonomie financière.

(Il est à noter que notre approche économique et financière actuelle évoluera jusqu’à la mise à disposition du bâtiment et en tenant compte de l’évolution du projet) .

Nos besoins en équipement ( informatique, mobilier et divers outils de gestion) peuvent faire l’objet de subventions d’investissement (BPI, Département et autres financeurs territoriaux).

Les coûts inhérents au bâtiment (foncier, chauffage, électricité, eau et entretien) sont évalués en fonction des données fournies à ce jour par la commune, et du choix d’équipements envisages, notamment au sein d’une extension du bâti destinée à recevoir les commodités et permettre l’accessibilité sans dépareiller le bâtiment ancien.

Masse salariale

Le dynamisme et la motivation de l’équipe mise en place seront essentiels pour atteindre efficacement et pleinement les objectifs recherchés avec l’ensemble des tiers-lieux impliqués.

L’envergure de la tâche envisagée sur le plan social, culturel et économique, nécessitera de sélectionner une équipe engagée, constituée d’un(e) directeur(trice) d’exploitation, d’un(e responsable commercial(e) et de communication et d’un(e) coordinateur(trice). Le coût annuel d’une telle équipe conduirait toutefois à une masse salariale de 129 000 € (charges sociales incluses) qu’il serait possible de réduire la 1ère année en engageant un salarié en Service Civique pour assurer la coordination des opérations. Cela ramènerait ce coût annuel à 103 200 €.

Le déploiement d’une synergie entre tiers-lieux sera réalisable en mutualisant les moyens destinés à communiquer sur les services et activités proposés

Chiffre d’Affaires prévisionnel

Une analyse des besoins nous amène à la segmentation suivante :

CA Services sans prestataire :

  - location éphémère (7% du CA), soit 15 000€     (30 semaines louées à 500€/semaine)

  - abonnement fablab( 5% du CA) soit 10 000€   ( moyenne de 20 abonnés/mois à 50€ sur 10 mois )

  - location de salle à la carte (9% du CA) soit 20 000€   (4 locations /mois à 500€/j sur 10 mois)

  - gestion PTCE (13% du CA) soit 28 000€ (10% de 4 MIA financés en moyenne à 70 000€)

CA Services avec prestataires :

  - accompagnement VAE (4% du CA) soit 8000 € dont 50% pour la plateforme (11VAE à 750€)

- accompagnement créa. d’entrepr. (6% du CA) soit 12 000€ dont 50% pour la plateforme (10

    acomptes de1200€)

  - formations (56% du CA) soit 120 000€ (dont 30% 36 000€ pour la plateforme (4 form.6

    stagiaires/mois sur 10 mois)

Un accord avec les prestataires, ayant accepté de s’engager dans le dispositif, nous permet d’évaluer les Charges Variables à leur reverser, soit 50% pour la VAE et la Créa d’entr et 70% pour les formations.

Le Chiffre d’Affaires prévisionnel ainsi évalué s’élève à 213 000 € (TTC, la structure n’étant pas assujetti à la TVA).

Le CA minimum à atteindre pour assurer le point d’équilibre économique (seuil de Rentabilité) est évalué à 242 000 € TTC (en dissociant les coûts fixes des coûts variables). 

Une étude détaillée des coûts de fonctionnement dus à la structure, au processus de fonctionnement (Charges d'Exploitation et Masse Salariale) ainsi qu'aux Charges Variables (prestataires externes), nous a permis d'évaluer à 134 800 € l'ensemble des Charges Fixes pour un premier exercice et à 94 00 € celles attribuées aux Charges Variables pour une prévision de chiffre d'affaire de 213 000 €.

Compte tenu de l'évaluation du point d'équilibre (242 000 €) de l'activité exercée au sein de la plateforme, cela nous conduirait à solliciter une subvention d'exploitation de 29 000 € pour atteindre ce point d'équilibre.

Il est à noter que ces données économiques restent en-dessous de celles constatées par les statistiques observées auprès des 3 500 tiers-lieux en France).

L’estimation du CA (213 000€), reste 15% en dessous de la moyenne des CA des tiers-lieux (252 000€), en notant que notre analyse, réalisée sur des hypothèses basses, tendrait à pouvoir envisager une autonomie économique.

Il faut de plus, mettre en évidence ce que ce collectif de tiers-lieu pourrait apporter sur le plan social et culturel.

Favoriser les échanges, la sensibilisation à la culture ainsi que les vocations, ont toujours été des tremplins pour l’accession à l’emploi et pour contribuer au développement de la dynamique démographique des territoires.

Financement du projet

Contexte

Une analyse approfondie de l’état structurel et sanitaire du bâtiment conduit à envisager deux étapes de travaux.

  • Une 1ère étape dite de “sauvetage” visant à consolider l’ossature et à la protéger des intempéries (parapluie);
  • Une 2ème étape consistant à restaurer et réhabiliter cet ancien hôtel particulier.

Les travaux de consolidation et de protection du bâtiment ont été évalués en 2022, puis récemment actualisés par l’Agence LYMPIA Architecture (11 avenue Franco-Russe Parais 7ème), pour un montant de 203 000 € TTC.

Une estimation des travaux de restauration (2ème étape) avait, à notre demande, fait l’objet d’une étude réalisée par l’Agence FAIR Architectes (22, rue des Taillandiers Paris 11ème) en mars 2021. Cette étude avait conduit à une estimation de 2 202 000 € TTC.

Financement

Durant les trois dernières années, notre association a procédé à la recherche de financeurs en vue de suggérer des plans de financement pour les deux étapes de travaux.

1ère étape/ Opération de “sauvetage” du bâtiment

Consolider les murs et planchers et protéger le bâtiment des intempéries (parapluie):

. nos échanges avec les financeurs potentiels, la DRAC, la Fondation du Patrimoine et le

Département, ont conduit à un accord pour réaliser ces travaux. Cet accord fut convenu lors

d’une rencontre que nous avons organisé le 2 avril 2024 avec l’ensemble de ces partenaires.

La DRAC, après avoir reçu en août 2024 la DAT attendue, a pu donner son accord au Département et à la Fondation du Patrimoine pour présenter leur proposition de financement.

Il est à noter que :

  • Les 20% de participation conventionnellement proposés par la DRAC pourraient être porté à 40% de l’investissement si celle-ci pouvait s’appuyer sur les “Fonds Exceptionnels” dont elle pourrait disposer dans le cadre de l’accord reconduit entre la FDJ et Stéphane BERNE;
  • Le bâtiment BRIERE étant inscrit au répertoire des Monuments Historiques, le Code des Collectivités Territoriales permet au préfet d’accorder une dérogation abrogeant l’obligation, pour la commune, de participer au financement sur ses fonds propres à hauteur de 20% de l’investissement. Pour bénéficier de cette dérogation, le maire de la commune doit en faire la demande auprès du préfet.

2ème étape/ Restauration et réhabilitation de l’Hôtel BRIERE

Contexte

Durant les trois dernières années, nos multiples échanges avec l’équipe en charge de l’ingénierie des financements de La Fondation du Patrimoine nous a permis d’envisager des solutions possibles pour financer cette 2ème phase de travaux.

Le partenariat établi entre la Fondation du Patrimoine, le Ministère de la Culture et FDJ ayant permis le lancement de la Mission BERN, devrait permettre à notre projet d’être éligible à cette Mission Patrimoine.

La FDP a également déjà envisagé de nous introduire auprès de ressources et dotations ouvertes par ses sociétés partenaires qui ont déjà exprimé leur soutien pour de tels projets de restauration.

Nous pouvons citer notamment Total Energie, EDF, Michelin, DASSAULT Histoire et Patrimoine, l’AIR LIQUIDE, mais aussi d’autres partenaires tels que la Fondation Mérimée, celles du Crédit Mutuel, du Crédit Agricole, BNP Paris Bas, ainsi que certaines dotations ouvertes temporellement par diverses.

Processus de financement

L’étendue du besoin en investissement, une segmentation possible des travaux ainsi que leur

durée, nous amène à suggérer une stratégie financière selon un processus itératif.

Chaque appel de fonds, ajusté aux étapes de travaux, pourrait ainsi être moins conséquent.

De plus, ce processus nous donnerait l’opportunité de segmenter certains travaux pour les

réaliser en chantiers écoles et ainsi former des personnes en réinsertion professionnelle.

Ces espaces de chantier école permettrait également d’accueillir des bénévoles engagés dans la

restauration du patrimoine. Ces bénévoles bénéficieraient d’un encadrement technique et

pédagogique par le concours de notre partenaire REMPART, en accord avec l’entreprise en

charge des travaux.

Conclusion

L’Hôtel BRIÈRE, construit au XVIIᵉ siècle et inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, est un témoin précieux de l’histoire de Magny-en-Vexin. Ce bâtiment, longtemps oublié, mérite aujourd’hui de retrouver une fonction vivante, au service du territoire et de ses habitants.

Notre association Magny-en-Vexin : une Histoire qui se Cultive porte depuis ce projet de restauration et de valorisation depuis 8 ans. Nous souhaitons en faire un véritable lieu de convergence , à la fois culturel, social et économique : une Maison Commune ouverte à tous, favorisant les échanges, l'inclusion et le développement local.

Ce projet s'inscrit pleinement dans les priorités territoriales : soutenir les initiatives issues de la société civile, renforcer la vitalité des territoires ruraux et encourager la coopération entre les acteurs publics et associatifs.

Nous avons déjà posé les premières bases : une étude de faisabilité, une concertation publique et un partenariat actif avec la commune, la DRAC, l'ABF, le Département et la Fondation du Patrimoine.
Le dossier est prêt, la dynamique est en marche.

Au-delà de la sauvegarde du patrimoine, il s'agit d'un investissement s'inscrivant dans l'avenir du territoire : création d'activités, de formations, de partenariats, et d'un espace d'innovation sociale et culturelle au cœur du Vexin.

L'Hôtel BRIÈRE peut pleinement devenir ce qu'il a été discrètement dans l'histoire : un lieu de soutien, d'accueil, favorisant l'émergence d'activités et de projets répondant aux préoccupations et aux attentes de notre environnement social.

C'est précisément pour cette raison que nous nous engageons dans ce projet, et que nous suggérons aujourd'hui à la Région, à la DRAC, au Département et aux collectivités locales d'apporter leur concours aux côtés de financiers déjà convaincus.

La réhabilitation de l'Hôtel BRIERE prédomine dans le projet. Elle met en éveil tout l'intérêt qu'elle suscite pour notre territoire tant sur le plan social, économique et culturel. Les travaux de restauration du bâtiment nous offrent également, au cours de leur mise en œuvre, l'opportunité d'agir sur le plan social et pédagogique.

L'analyse du projet montre de toute évidence qu'il serait réducteur, sur le plan économique, de se limiter à une opération One-shot en cédant le bâtiment à un promoteur en quête de retour sur investissement. L'apport de trésorerie généré par sa vente ne représente pour la commune qu'une faible satisfaction à très court terme.